Pourquoi il part
Les explications du Français semblent claires comme de l’eau de roche  :  «  J’aime ce club, je ne me sens pas capable de lui donner plus, c’est la fin d’un cycle pour moi, je ne veux pas être celui qui fait l’année de trop  ». A part son président et ses proches sans doute, personne n’était dans la confidence. Un entraîneur qui s’en va en pleine gloire, c’est aussi rare qu’un entraîneur qui gagne trois Ligues des Champions consécutivement.
Zidane a de la mémoire  : il n’y a pas eu que le sacre de Kiev contre Liverpool dans la saison, il y eut un championnat difficile, très difficile conclu à 17 points du Barça, il y eut une élimination contre Leganes en Coupe d’Espagne très mal vécue à Madrid, il y eut des sifflets tout au long de l’automne et de l’hiver. De septembre à mars, où l’orgueil du Real s’est réveillé, les matches furent souvent des purges, Zidane en a entendu des vertes et des pas mûres, il a fait le dos rond, il a protégé un petit groupe d’une vingtaine de joueurs sans une nouvelle tête depuis trois ans. Il n’a pas oublié tout ça et il a eu l’intuition que ce groupe, qui avait tout gagné, était à bout, un peu usé, un peu émoussé. Il fallait du changement et il ne voulait pas être celui qui allait évincer ou mettre sur le banc des joueurs avec qui l’aventure fut si belle.
Il a peut-être aussi envie de décompresser un peu. Ce n’est peut-être pas drôle tous les matins d’être l’entraîneur qui doit subir les caprices d’un Cristiano Ronaldo, capable de faire la gueule pendant 15 jours et de redevenir tout guilleret le lendemain de son augmentation de salaire. Il va, comme Guardiola, peut-être prendre une année sabbatique, il fera ce qu’il veut après tout, il est tellement inspiré qu’il fait tout bien.
Bon, il y en a un que la nouvelle n’a pas dû enchanter à Clairefontaine  : Didier Deschamps, évidemment. Dans son rétroviseur, il va voir l’ombre de celui sans qui il n’aurait sans doute jamais été capitaine d’une équipe championne du monde.