Pressing et intensité
Parce qu’elles marquent beaucoup de buts, les deux équipes du Real et de Liverpool qui vont disputer la finale de la Coupe des Champions samedi à Kiev sont considérées comme des équipes très offensives. Une fois de plus, les «  experts  » se trompent sur cette signification de l’offensive. Comment la définir  ?
Le plus simplement du monde  : être offensif, c’est vouloir déséquilibrer son adversaire en première intention. Deux conditions sont nécessaires  : vouloir la possession du ballon et tout mettre en l’œuvre pour se l’approprier le plus rapidement possible.

Ni le Real, ni Liverpool ne répondent à ces conditions auxquelles satisfont Manchester City, Tottenham, Naples, le Paris Saint-Germain ou le Bayern Munich pour citer les plus émérites.

Le Real et Liverpool – avec un bloc défensif médian aligné à une quarantaine de mètres des buts adverses- font un travail de pressing collectif remarquable pour récupérer le ballon mais l’une et l’autre dans le seul but de contrer. Elles ne souhaitent pas obsessionnellement avoir la balle pour jouer mais pour piéger son opposant, d’ailleurs aucune des deux équipes n’est très à l’aise quand il n’y a pas d’espace chez l’adversaire et qu’elle est donc contrainte de jouer dans des petits périmètres.
Là où nous parlons de réhabilitation du contre, c’est qu’Espagnols et Anglais n’ont aucun point commun avec le catenaccio et qu’aucun dépit ne se dégage de leur philosophie. Ils s’appuient sur une identité commune  : donner le ballon dans les meilleures conditions à leur buteur attitré et prolifique  : Cristiano Ronaldo au Real, Mohamed Salah à Liverpool.

La manœuvre est simple  : sitôt la récupération, il s’agit de les trouver le plus rapidement possible pour leur ouvrir le chemin du but. Le problème se corse pour elles quand des adversaires refusent le jeu, ce qui est souvent le cas dans leurs championnats respectifs.  Le Real a terminé à 17 points de Barcelone, Liverpool à 19 points de Manchester City. Leur jeu de projection, de vitesse, d’intensité trouve ses limites dans une verticalité trop radicale. Le Real, avec des milieux comme Modric, Kroos, Isco, Benzema (qui décroche beaucoup), des latéraux comme Carvajal ou Marcelo pourrait pratiquer un jeu plus posé, plus académique mais il est freiné dans son expression collective par Cristiano Ronaldo, mal à l’aise dans les circuits étroits et qui exige que le jeu se concentre sur sa personne.

On ne sait pas à vrai dire ce qu’en pense Zidane, si ce n’est qu’il est impossible de se mettre à dos sa majesté Cristiano Ronaldo sous peine de mettre à feu un club qui se porte bien. Parfois, il ne faut pas être plus royaliste que le roi,  se cloîtrer dans un sectarisme trop soutenu mais avoir la légèreté de penser que ni Zidane, ni Klopp n’injurient le jeu de football, ils en sont même des ambassadeurs plutôt fidèles.

On préfère Guardiola ou Sarri  ? Bien sûr. Mais ils ont raté leur examen européen…