Labrune, homme de réseaux
S’il voulait revenir au Stade Vélodrome, ce serait sous escorte policière, alors Vincent Labrune, plus mauvais président de l’OM (selon les supporters) ne s’y montre  plus. Le football ne veut plus de lui mais lui ne veut pas s’en passer alors il revient par des portes dérobées. Grâce à des soutiens internes, il a d’abord été élu au conseil d’administration de la LFP (Ligue du Football Professionnel) au sein du collège des indépendants. Puis, subrepticement, grâce à ses réseaux, il a remis un pied ici, un pied là, «  pour aider bénévolement des amis  », plaide-t-il. On connaissait déjà ses amitiés avec le président de Lorient Loïc Féry, qu’il a aidé à mettre le club en capilotade. Mais des amis, il n’en manque pas, ainsi les présidents de Caen Jean-François Fortin ou de Saint-Etienne Roland Romeyer. Les deux reconnaissent qu’en matière de transferts, Labrune peut leur faciliter la tâche grâce à son carnet d’adresses. Il jouerait donc à l’entremetteur, chargé de mettre les gens en relation dans un univers interlope où une chatte n’y retrouverait pas ses petits. L’ancien porte-valise de Robert Luis-Dreyfus tient sa légitimité de son toupet, de son sens de la communication, son métier initial. Son fait d’armes le plus éclatant à Marseille aura été une conférence de presse grandiloquente où on a cru qu’il voulait changer le monde. Non, il voulait juste lancer le tonitruant «  projet Dortmund  », où on allait voir ce qu’on allait voir. A la place, on a eu «  le projet Doyen  », un fond d’investissement portugais de joueurs de foot qui a réussi à fourguer à l’OM tous les invendus de son portefeuille. Décidément, Labrune, fallait pas l’inviter à la table du football qu’il ne veut plus quitter.
Le baston du samedi soir   
La scène se passe souvent dans ces matches du samedi soir entre formations du ventre mou du championnat  : un joueur s’échappe, il est méchamment et salement taclé par derrière, parfois blessé et contraint de quitter le terrain. On espérait que le football avait fait son deuil de ces images polluantes. Non, le jeu dur fait son grand retour et on s’en serait bien passé. Depuis le début de la saison, 40 cartons rouges (36 l’an passé à la même époque) et 666 jaunes (contre 560) ont été distribués dans l’indifférence générale (tant que ça ne touche pas Neymar ou une star, on s’en fout). L’agression a pris la place de l’agressivité, la violence s’est substituée à la détermination, les coups pleuvent, les blessures s’accumulent. Et pourtant, les arbitres sévissent, ne sont pas laxistes. On en revient toujours au même problème  : le profil des joueurs qui, par manque de technique, abusent de leur physique pour exister. Ils sont encouragés par les exhortations affichées dans les vestiaires comme des formules magiques  : «  Gagnons les duels, imposons une épreuve de force, défendons notre territoire  ». Le message est perçu cinq sur cinq. Visiblement, les clubs n’y trouvent rien à redire, ils aiment cette forme de virilité susceptible de faire peur à l’adversaire. Tant pis s’il y a des suspendus, les bancs de remplaçants sont bien garnis. Tout autant que la violence, les gains de temps pour simulations de blessures prennent des proportions inquiétantes et altèrent le bon fonctionnement d’un match. Quand une équipe mène 1-0, au moindre frottement ses joueurs se roulent par terre comme de grands blessés. Dans la très grande majorité des cas, le joueur finit par se relever indemne. Mais pour casser le rythme d’un match, il n’y a pas mieux. Violences et simulations –deux fléaux du foot français- mériteraient que les instances s’en préoccupent. Elles n’en font rien, leur seul intérêt est de savoir combien la pompe à fric des télévisions va mettre sur le tapis lors des prochaines attributions d’un produit qui n’est pas en très bel état. Ce n’est pas le retour de Labrune et des coups tordus qui risquent de faire monter les enchères.