Émule de Charles Pasqua
L’ancien homme politique Charles Pasqua, qui en connaissait un rayon dans les embrouilles en tous genres, avait coutume de fanfaronner : « Quand une affaire prend trop d’ampleur, il faut de suite allumer un contre-feu, monter une autre affaire pour éloigner la première, cela crée une confusion et personne ne sait plus où il en est ». Aulas est-il un émule de Pasqua ? En tous cas, pour masquer la faiblesse relative actuelle de son club, il accuse le Paris Saint-Germain de pervertir le championnat par des moyens disproportionnés qui nuisent à une saine concurrence.
Ce n’est pas qu’il ait forcément tort, Aulas  -nous sommes à peu près d’accord avec lui – mais lorsque le Qatar a débarqué dans la capitale avec tout son argent, il trouvait que c’était « formidable » pour le football. Il se rend compte aujourd’hui que les dés sont pipés, alors le tweeter fou qu’il est devenu déverse sa rancœur sur les réseaux sociaux. Il aurait tweeté, paraît-il, -nous ne sommes pas abonnés- 350 messages en 2016 où il fait l’apologie de son club, dénigre surtout adversaires et arbitres ; ça semble l’amuser puisque ses 140 signes maximum sont passés à la loupe et interprétés par des journalistes en mal de copie.
Tout ceci travestit une réalité : Lyon se trompe régulièrement sur son recrutement depuis plusieurs saisons. Si la politique de formation est toujours la nature profonde des Lyonnais, il faut bien l’accompagner par une politique de transferts et depuis au moins un lustre, pas un « joueur » venu de l’extérieur ne s’est imposé. Zéro pointé. Sitôt arrivés, sitôt partis. Plutôt que de se battre la coulpe, Aulas accuse parce que son club est sur un fil. Il vient de vendre ses pépites Lacazette, Tolisso, Gonalons pour 120 millions d’Euros, a fait 60 millions d’achat, donc a renfloué de 60 millions les caisses du club qui sonnaient le vide. Lacazette vendu 53 millions à Arsenal a été remplacé par Mariano Diaz -8 millions d’Euros- le quatrième avant-centre du Real Madrid où il marquait des buts …en équipe réserve. Sa vision du jeu est très déficiente et, s’il est dynamique et bon de la tête, sa maladresse crève les yeux.
Aulas se rend compte que la Champions League est vitale pour son club qui doit rembourser un stade de 500 millions d’Euros. Il a un budget de mammouth (270 millions, ce n’est pas rien) mais voit bien que derrière Paris, Monaco est beaucoup plus malin que lui et que la troisième place est un cadeau empoisonné (Nice en a fait l’expérience contre Naples). Alors, Aulas se défausse et voudrait, avec ses amis présidents, faire un coup d’État contre le PSG, naguère son plus sûr allié. Ce n’est pas très fair-play mais Aulas n’a jamais été beau joueur. Le tempo de la Ligue 1 a souvent été celui de Lyon. Ce n’est plus le cas. Aulas en conçoit beaucoup d’amertume.