Un 3-3-3-1 prometteur
A vrai dire, on n’avait jamais vu ça pour la signature d’un footballeur en France : ouverture de tous les J.T, une de tous les quotidiens, 16 pages spéciales dans « l’Equipe ». Et l’unanimité générale sur ce constat « que jamais un footballeur de cette trempe n’avait joué en France » est tout de même bien indélicate. Il doit y avoir une amnésie générale : il nous semblait qu’avant Neymar, il y avait eu Kopa, Jaïrzhino, Paulo Cesar, Platini, Raï, Ronaldhino, Zidane (on en oublie sûrement), relégués bien rapidement au rang de seconds couteaux. L’air du temps veut que le dernier événement soit si important qu’il efface tous les autres… Passons sur cette grandiloquence, Neymar n’y est pas pour grand-chose. C’était Disneymar Paris alors que le Brésilien, pas qualifié, ne jouait même pas. Et déjà, les premières supputations bien prématurées : « Maintenant, Paris est favori pour gagner la Champions League, comme si le Real, le Barça, le Bayern, la Juventus, Manchester City n’étaient plus que des figurants.
Alors que les lampions de la fête parisienne étaient à peine éteints, le stade Pierre Mauroy ouvrait ses portes à Lille et l’on était très curieux d’assister au come-back d’ « El Loco ». On n’a pas été déçu. On se gardera bien de faire des plans sur la comète après 90 minutes de jeu mais on a déjà appris deux-trois choses intéressantes, à défaut de nous surprendre : Lille attaque à tout va avec une défense très haute, un pressing collectif incessant, une intensité soutenue, des recrues qui sentent le football. Bielsa va faire du Bielsa : après tout, il n’a aucune raison de changer. Les lignes du 3-3-3-1 sont très resserrées et les 45 jours de préparation ont été suffisants pour peaufiner une expression collective palpable. Bien sûr, les Lillois ne gagneront pas tous leurs matches, l’effectif est très jeune –l’ancien stéphanois Malcuit, 26 ans, est le plus âgé- et les adversaires vont jouer l’interception et le contre.  Mais c’est une très bonne nouvelle : Lille sera une attraction de la Ligue 1. Nantes, défait 3-0, ne dira pas le contraire et ceux qui préfèrent le football au show-business ont passé une heure et demie très instructive et agréable ce premier dimanche de mois d’août. Ce que nous offre Bielsa, c’est le meilleur du foot. Il n’a pas besoin de « ola », l’Argentin, il n’aime pas ça. En quittant la pelouse où son nom était scandé, il a quand même souri, pas beaucoup mais un peu, c’est rare. Il nous manquait tant, il fallait bien qu’il revienne.