Pogba pulvérisé
Le record du monde d’un transfert qui datait d’un an (Pogba à Manchester United pour 115 millions d’euros) n’a pas été battu mais pulvérisé. Ainsi donc, un joueur de football vaut 225 millions d’euros et mérite un salaire net de 2,5 millions d’Euros par mois. Peut-on se contenter de dire « c’est le football, il obéit à la loi du marché » ? L’autre jour, à la télévision, sur les chaînes info où les sociologues pérorent nuit et jour, à l’un d’eux qui avançait que la loi du marché n’était pas une merveille, son voisin répliqua : « Si vous n’êtes pas pour la loi du marché, vous êtes pour la Corée du Nord », curieux raccourci qui laisse à penser que les sociologues peuvent être des sociopathes. Oui, donc, c’est un peu gênant, voire indécent que cet étalage ostentatoire d’un argent qui ne veut plus rien dire. Indécent toujours que Neymar puisse acheter chaque jour un studio de 18 m2 dans le 16ème arrondissement de Paris ou un vaste appartement à Limoges ou Guéret, oui, tous les jours. Un inventaire à la Prévert n’y suffirait pas pour dire tout ce qu’on peut acheter avec ces 0 à l’infini.
On a envie de se demander : pourquoi un footballeur peut-il quitter le Barça, le club le plus prestigieux au monde avec le Real Madrid pour atterrir au Paris Saint-Germain, simple vitrine que s’offrent de nouveaux riches ? La réponse est simple : pour l’argent. Il devient le footballeur le plus payé au monde. Il voulait toujours plus, sous la pression d’un entourage (son père est, paraît-il, fasciné par l’argent) avide. On ne parle pas là de géopolitique, ni même de politique, juste d’un peu de mesure. Une succincte revue de presse nous aura soigneusement épargné ce mot d’indécence. Nulle part il n’en est question. Ce n’est pas parce que l’économie du football et la presse sportive vont y trouver leur compte qu’il faut se voiler les yeux. Paris a donné le tempo, croyez que le mois d’août va être  flamboyant. M’Bappé, Coutinho, Dembélé _ et d’autres _ sont dans le viseur et la barre des 100 millions sera plusieurs fois frôlée ou dépassée.
Y –a-t-il encore des limites alors même que depuis le départ de Platini, on n’entend plus guère la voix du gendarme du fair-play financier de l’UEFA ? « Le football est l’opium du peuple » écrivait François Thébaud il y a 50 ans. Aujourd’hui, ce n’est plus de l’opium, c’est du crack. A haute dose, on en meurt. Cela dit, bienvenue à Neymar et bon séjour à Paris !