Leipzig, la bonne surprise par François Sorton

Leipzig, la bonne surprise par François Sorton

Leipzig, qui a éliminé plus facilement que ne l’indique le score (2-1) une décevante équipe de l’Atletico Madrid, n’est pas un nom familier de la Ligue des Champions. Et pour cause  : le club, soutenu généreusement par «  Red Bull  », n’a été fondé qu’en 20O9. S’il continue ainsi, sa réputation va faire plusieurs bonds en avant.


Quelle intelligence défensive  !
C’est une lacune, nous n’avons pas suivi Leipzig, qui mérite mieux que l’indifférence. Nous n’avions pas vu cette saison une équipe défendre aussi intelligemment, c’est à dire en attaquant. Il y avait quelque chose du Barça de la grande époque à faire un pressing étouffant dès la perte du ballon avec des attaquants tout de suite en action pour reprendre la balle et des milieux et des défenseurs qui ne reculaient pas d’un centimètre. Les Allemands ne sont pas maladroits non plus dans le maniement du ballon et affrichent une expression collective, parfois très séduisante jusqu’aux 30 mètres adverses où ils manquent un peu d’inspiration. Il est vrai que leur meilleur joueur, le redoutable attaquant de 24 ans, Tino Werner (29 sélections, 11 buts) a préféré signer à Chelsea avant de terminer la saison avec Leipzig. L’équipe l’a eu mauvaise mais elle a compensé la perte de son buteur par un enthousiasme, une solidarité, une envie d’aller constamment vers l’avant. A l’exception de Werner, nous ne connaissions aucun joueur, hormis Christopher N’Kunku, réserviste au PSG jusqu’en 2018. On a vu l’éclosion en défense du jeune Français Dayot Upamecano, en Allemagne depuis qu’il a 15 ans et dont on ignorait l’existence.
Les deux arguments du PSG
Reste à savoir si les hommes du plus jeune entraîneur de Bundesliga, Julien Nagelsmann (32 ans) n’ont pas jeté toutes leurs forces dans une rencontre où ils n’ont guère pu s’économiser. Le PSG qu’ils vont rencontrer en demi-finales mardi prochain a d’autres arguments que l’Atletico Madrid. Au moins deux arguments majeurs  : Neymar et M’Bappé, deux phénomènes qui peuvent faire basculer un match à chaque instant, on l’a vu contre l’Atalanta Bergame. Ils ne seront pas de trop car on n’a rarement vu une équipe parisienne aussi indigente collectivement. Avec le retour de Di Maria, suspendu mercredi dernier, ça risque de faire beaucoup pour des Allemands dont on nous n’avons sûrement pas fini d’entendre parler. Ce n’était pas l’Ajax de l’an passé, bien sûr, mais c’était bien. La Ligue des Champions, même à huis clos, est une réconciliation avec un football vacillant depuis l’apparition du maudit coronavirus.