Le Bayern foudroie le Barça par François Sorton

Le Bayern foudroie le Barça par François Sorton
Ce n’est pas original mais immanquable  : le 8-2 infligé par le Bayern au Barça fait penser au 7-1 vexatoire de l’Allemagne contre le Brésil en demi-finales de la Coupe du monde 2014  .Le coup d’éclat est de la même veine  : retentissant et chavirant.

Comme un ouragan
Les Allemands avaient été très bons tant en Bundesliga que dans les phases de poule de la Ligue des Champions. Mais jamais ils n’avaient exhibé une telle force, une telle énergie, une telle vitesse  : c’est une équipe qui vous lamine, vous broie comme un tambour de machine à laver. Elle avance avec l’autorité d’un bulldozer que rien ne peut arrêter. La puissance, l’intensité, le rythme infernal des Munichois les rendaient irrésistibles. Ces qualités furent incarnées à merveille par un latéral gauche venu du Canada, c'est-à-dire de nulle part, Alphonse Davies, dont la vitalité et la hardiesse sont ébouriffantes. Oui, à 6 ans d’écart, ce Bayern ressemblait bien à la Mannschaft qui avait anéanti le Brésil. 5, 6,7,8 buts et toujours la même envie d’attaquer, de presser, de jouer encore et toujours. Les hommes de Hans-Dieter Flick, ancien adjoint de Löw à la tête de la sélection, ont été les tortionnaires du Barça. Ce fut une démonstration absolue de football total qui préfigure peut-être du football de demain. Peut-on mettre un bémol  ? Il y a une sorte de froideur, de réalisme cliniques qui échappent un peu à l’émerveillement ou à la féérie artistiques. On applaudit des deux mains mais le cœur est indemne.
Le Barça dans de sales draps
Avec ses trois milieux défensifs hors de forme (Sergio Roberto, Busquets, Vidal), le Barça est arrivé à Lisbonne en victime expiatoire, comme si Messi, seul, pouvait sauver la patrie. Il en est reparti meurtri, honteux, roué de coups. Il a fait illusion une dizaine de minutes puis silence radio. Destructuré, déliquescent, le Barça est malade, très malade. Rien ne va plus  : le président Josep Maria Bertomeu est haï par tout le monde (notamment par Xavi, pressenti pour être le futur entraîneur) mais il lui reste un an de mandat. Démissionnera-t-il  ? L’entraîneur Quoique Setien est dépassé, Messi impuissant, les joueurs déboussolés, le club n’a plus d’argent. La saison avait débuté en trompe-l’œil  : comptablement correct, ludiquement poussive sinon médiocre. Elle s’est achevée en désastre par la plus lourde défaite jamais concédée par le club si prestigieux. Les choses vont très vite en football  : il y a 8 ans, le Barça était encore la meilleure équipe du monde. Aujourd’hui, elle agonise. Il va falloir une médecine lourde pour la guérir. Dans un mois, la Liga repart…
En trois jours, la Ligue des Champions nous a donné plus à voir que toute une année de Ligue 1. Ca devient une habitude et ça évite l’écoeurement. La réconciliation doit beaucoup à l’Allemagne qui, avec Leipzig et le Bayern, a fait coup double.