[…] Un observateur attentif constate que dans les “une-deux” que Coutinho termine souvent par des tirs victorieux, c’est Pélé qui joue le rôle créateur, et que dans les actions individuelles, sa maîtrise est beaucoup plus affirmée que celle de son remarquable élève.

Le bagage du prodige révélé par la dernière Coupe du Monde [1958] s’est encore étoffé depuis le Championnat d’Amérique du Sud et le match Santos-Botafogo de l’an dernier.

L’aspect le plus large de cette métamorphose est l’évolution du “buteur” presque exclusif qu’il était en attaquant complet, à la fois constructeur et réalisateur.

On pourrait même dire plus constructeur que réalisateur.

Cette évolution ne me paraît pas tellement étonnante. Certes, il est douteux que Pélé “raisonne” son jeu à la manière de Kopa ou de Di Stefano. Mais il m’a toujours semblé qu’une des caractéristiques les plus remarquables de ce footballeur naturel était le contrôle qu’il pouvait conserver dans les actions les plus rapides et les plus décisives.

A Stockholm, je l’ai vu bondir très haut pour décocher un tir de la tête et, en pleine extension, à l’ultime fraction de seconde passer la balle en retrait de l’arrière de la tête à un partenaire mieux placé. […]

image (1)François Thébaud Miroir du Football Juillet 1960, numéro 7