En quelques mots, quelques lignes, les rédacteurs de miroirdufooball.com répondent à la question :

Que retiendrez-vous de cette Coupe du Monde 2014 ?

Fernand Bonaguidi : Bon voilà, c’est fini. Avec une finale à l’image de ce Mondial, paradoxale.
Une Allemagne très appliquée, mais un peu tristounette, une Argentine retors qui s’est créé les meilleures occasions mais victime de la faiblesse technique de ses attaquants Higuain et Palacio.
Messi un peu transparent manqua même la balle de match.
Mais le geste technique du but de Götze fut remarquable et l’Allemagne mérite son succès pour l’ensemble de son œuvre. Pour la finale, on en a vu de meilleures, mais on constate qu’elles se jouent presque toujours dans le money-time. Où sont les Brésil-Suède de 58, Brésil-Italie de 1970 ?

Pour le reste, on retiendra la démonstration des Allemands en demi-finale, les fulgurances de Robben, les prestations surprenantes des “petites équipes”, Algérie en huitième, Costa Rica en poule, États-Unis, la qualité du Chili, de la Colombie et aussi du Mexique.
De grands gardiens de but se sont révélés, et l’arbitrage a été plus dans l’esprit que dans la lettre, ce qui fut très positif, même après les erreurs du début de la compétition.
L’ambiance festive est aussi à saluer.

Bon, on passera vite sur la médiocrité de l’équipe du Brésil, avec un David Luiz voulant jouer les Zorro et sauver la patrie en faisant du n’importe quoi.

La conférence de presse de Neymar pleurant sur son sort avec un iPad où défilaient ses sponsors fut aussi “un moment historique” de l’évolution médiatique du football.
On saluera la fraîcheur de la France lors des deux premières rencontres, tombant ensuite dans l’à peu près pour la suite de la compétition.
On a quand même suivi ce Mondial avec intérêt, mais comme pour la finale, on en a vécu de meilleurs.

Simon Lebris :
Ce paradoxe : un football pas très enthousiasmant, mais une majorité de matches plutôt agréables à suivre, à part quelques “purges” (France-Allemagne, Argentine-Pays-Bas).

Le suspense ne remplace pas la qualité mais fait passer la pilule. M’ont frappé aussi, c’est le cas de le dire, la rugosité des contacts, les coups de coude, les ceinturages. Il n’y a pas eu d’équipes strictement défensives, ni de strictement offensives, plutôt des intermittents, certaines comme l’Allemagne tout de même plus portées à créer. Mais jamais il ne m’a paru avec tant d’évidence qu’il était difficile de marquer un but, sans même parler des gardiens. L’apport offensif des arrières centraux a été quasi nulle. La notion de contrepied de la défense sent l’huile camphrée remisée au placard. Le jeu rapide, destiné à empêcher le resserrement des lignes, est devenu la règle mais n’est jamais qu’un nouvel avatar du contre.
M’a étonné l’absence, ou en tout cas le peu de poids, des manifestations hostiles à cette Coupe du Monde. La sanction sera peut-être dans les urnes, en octobre. A contrario, l’ambiance a paru festive et ensoleillée, d’où le satisfecit de la Fifa et le dithyrambe des commentateurs.
La déroute du Brésil : faillite mentale, médiocrité technique, nullité tactique, degré zéro individuel et collectif de la créativité et de l’intelligence. Un mythe s’est effondré. Dans le contexte d’un Brésil peu enclin à se remettre en question (pour Scolari, la performance de la Seleção a été meilleure qu’il y a quatre ans, donc une réussite ! ! ! ), pas sûr qu’il renaisse un jour.
Enfin, j’ai apprécié que la victoire allemande soit non seulement justifiée, mais aussi se soit célébrée simplement et laïquement. Ni prières, ni joueurs enveloppés dans le drapeau national, mais des épouses, des fiancées, des enfants… Une vraie fraîcheur.

François Sorton : Les deux demi-finales, pour des raisons opposées (voir les rubriques “Entre livre des records et musée des horreurs” et “Le jour et la nuit”)
Hervé Thomas : Un grand décalage entre les commentaires venus du Brésil et mon ressenti… Malgré un nombre de buts non négligeable lors du premier tour, un niveau très très moyen et beaucoup d’ennui.
Et n’en déplaise à notre ami François, je reviens sur les productions de l’équipe brésilienne qui me semble faire partie du premier carré des équipes les plus faibles de ce Mondial : jeu incohérent, joueurs très faibles pour une grande partie. Avez-vous pu apprécier les deux dernières sorties de « l’extraordinaire recrue parisienne » David Luiz ? Pitoyable !