Parti pris  
Comment aduler le football du Barça du début de la décennie et ne pas faire la fine bouche devant celui proposé par l’équipe de France  ? Le parti pris originel d’un football sophistiqué, stylé, offensif du «  Miroir  » ne trouve pas son compte avec ce que proposent les tricolores, même s’ils ont fait leur meilleur match contre l’Uruguay, maîtrisé et cohérent. On ne peut s’empêcher de penser que la Coupe du Monde est un événement aussi considérable que son niveau footballistique est faible. L’équipe uruguayenne aurait un mal fou, par exemple, à terminer dans les six ou sept premiers du championnat espagnol. Avouons-le  : hormis Godin et Gimenez, défenseurs centraux de l’Atlético de Madrid, Betancour, remplaçant à la Juve et bien sûr Suarez, attaquant de Barcelone, nous ne connaissions aucun autre joueur de la Céleste, dont certains ont du mal à faire leur trou dans des clubs européens mineurs. La bravoure, l’esprit d’équipe, la détermination ne peuvent compenser des différences individuelles si criardes. Les quarts de finale sont un plafond de verre indépassable pour une équipe individuellement si dépourvue. Dans ce contexte favorable, alors que le monde entier nous envie une bonne dizaine de joueurs à vocation offensive, retrouver Tolisso à gauche d’un 4-2-3-1 ne peut remporter notre adhésion. Cette obsession de la prudence nous navre puisqu’elle fait l’unanimité, comme si elle validait l’idée d’une reconstitution de 1998. On se prend à rêver qu’avec Benzema, Rabiot, Lemar, Fékir associés aux exceptionnels M’Bappé et Griezmann, la France pourrait être non seulement victorieuse mais brillante, ce qu’elle n’est pas.
Les contres belges
Les Brésiliens sont un peu maudits  ; ils ont livré eux-aussi leur meilleure prestation de la compétition mais se trouvent éliminés. Leur jeu fut techniquement plus consistant mais Neymar, à force de vouloir vampiriser le jeu, s’est souvent emmêlé les pinceaux, et Courtois, le gardien belge, a fait le reste. Les Belges disposent sensiblement des mêmes atouts que les Français avec des attaquants intenables. Leur usage du contre est intéressant et les Bleus vont enfin tomber sur une équipe qui a du répondant. Mais la Belgique peut-elle survivre à cet exploit considérable pour elle d’avoir vaincu le Brésil  ?