Italien plus qu’Espagnol
Le sélectionneur a beau être né dans le Pays Basque à quelques encablures de l’Espagne, sa nature profonde le propulse vers l’Italie  : le jeu de défense est son credo, il n’y a rien à faire, c’est comme ça. Alors que le monde entier se pâme devant la vitrine offensive des Français, une galerie marchande à elle seule, Deschamps se prend de béguin pour Matuidi ailier gauche parce qu’il a peur du flanc droit péruvien animé par Carillo, attaquant de Watford ( un but en Premier League cette saison). On ne prend jamais assez de précautions, pensez-vous, quand on veut être champion du monde, il faut faire attention  à tout. La France fait tellement attention qu’elle en oublie d’attaquer, ne sait pas le faire en première intention, le profil des joueurs ne le permet pas. Elle aurait beaucoup à offrir, elle ne donne rien, juste des petites victoires tirées par les cheveux. Elle n’est pas là pour amuser la galerie, la recherche d’un jeu élaboré, stylé n’est pas sa préoccupation, elle s’en moque. Pour l’instant, Deschamps a le soutien inconditionnel de la caravane des suiveurs hoquetant les bienfaits du repli défensif des attaquants plus que ceux de la participation offensive des défenseurs, les vertus du combat plus que  de la subtilité du jeu, oui, la caravane est contente. Il y a du 1998 dans cette approche balbutiante mais victorieuse.
Et maintenant  ?
En huitièmes de finale, s’il n’y a pas de blessés, la France jouera dans la même composition que face au Pérou, attendra son adversaire. Forte de ses principes restrictifs, elle acceptera de subir le jeu, fermera les portes et tâchera de s’en sortir avec un contre, c’est sa trajectoire.  Mais enfin si elle n’élève pas son niveau de jeu, elle pourrait être en vacances avant le 15 juillet. Ceux qui aiment la France et peu le football trouvent lumineux l’éclat du 1-0 sur le tableau d’affichage. Ils sont très nombreux. Ceux qui aiment la France mais beaucoup le football ne claironnent pas victoire. Comme nous, ils sont même un peu désolés de voir les Péruviens éliminés sans avoir marqué un but en deux rencontres qu’ils ont pourtant dominées. Jouer contre la France, c’est vrai n’est pas une partie de plaisir pour les adversaires. Et la voir jouer n’est pas un plaisir du tout.