Exit Rabiot
Il n’y a guère de surprises dans les choix de Deschamps. Ou plutôt deux, une bonne et une mauvaise. La bonne est N’Zonzi que l’on a toujours supporté ici. La mauvaise est Rabiot. Si l’on a bien compris, c’était l’un ou l’autre. On saisit Deschamps  : deux «  vrais  » footballeurs, pour lui, c’est un de trop, place aux athlètes. Kanté, Matuidi, Tolisso, c’est du costaud, du pragmatique, du solide, ils savent tout faire, sauf avoir une vision éclairée du jeu, une peccadille pour Deschamps, une option facultative. Quant à Pogba, qui préfère que les autres le fassent briller plutôt que de faire briller les autres, il reste un point d’interrogation. On peut aussi regretter en attaque la sélection de Giroud au détriment de Lacazette, on s’en doutait depuis longtemps. Quant à Benzema, son irruption aurait fait l’effet d’un coup de tonnerre. En cas de défaillance française, il faudra bien en reparler. Il n’est pas utile d’avoir été aux Universités de Clairefontaine pour comprendre que le Madrilène est un attaquant d’exception. Les dés sont donc jetés et ils n’ont pas été capricieux  : Deschamps a fait du Deschamps.
Joueur ou sélectionneur, c’est pareil
On ne voudrait pas faire de procès d’intention à Deschamps mais il a le mérite d’avancer à découvert et on connaît trop son entêtement pour qu’il change. Capitaine en 1998 de l’équipe championne du monde, il va calquer cette méthode vingt ans plus tard comme sélectionneur. Si vous avez aimé 98, ne jetez jamais un coup d’œil sur ce site, il en existe des milliers qui vont faire l’apologie d’une «  équipe taillée pour la gagne  ». Si par contre vous avez eu beaucoup de réticences avec cette époque (vous n’étiez pas nombreux) alors vous partagerez probablement notre scepticisme. L’équipe concoctée par le Basque manque à peu près de tout ce que nous aimons dans le football  : une assise technique, un fond de jeu soutenu, un goût pour l’attaque de préférence à la contre-attaque, le goût de la construction plus que le désir de faire déjouer l’adversaire, en somme la France des années 80 en opposition aux années 90. En ce sens, l’intronisation d’Aouar, le jeune milieu de terrain de Lyon à l’allure si footballistique et académique au côté de Rabiot, N’Zonzi, de Lemar, reconverti milieu à Monaco, un tandem d’avant-centre Benzema-Griezmann aurait donné au jeu tricolore un cachet beaucoup plus sophistiqué. De cela, le sélectionneur n’aurait pas voulu et n’aurait pas su le mettre en place, ce n’est pas sa religion. Peut-être serons-nous supporters de l’Espagne, de l’Allemagne, du Brésil (quoi que trop défensif avec ses trois numéros 6 au milieu), peut-être de l’Argentine (où l’on n’a pas applaudi Sampaoli d’avoir laissé Pastore sur la touche). On préférerait bien sûr supporter l’équipe de France. Mais quand on aime le football, est-ce que ça va être possible  ? Hum…