Jugement de Salomon
Le 18 mars dernier, le match Marseille-Lyon (2-3) se termine dans une pagaille indescriptible où tout le monde veut en découdre  : gifles, coups de pied, c’est OK Corral au Vélodrome. Le 26 avril, la commission de discipline de la LFP, après avoir pris le temps d’enquêter, rend un verdict d’équité  : 3 matches de suspension pour Rami le Marseillais, idem pour Lopes le Lyonnais. Pas de jaloux, match nul, balle au centre, jugement de Salomon. Tout le monde est content  ? Non, personne n’est content. Les deux parties s’écharpent à coups de tweets, de communiqués, on dirait deux enfants s’écharpant dans une cour d’école. «  Lopes aurait dû prendre deux ans  », vitupère Eyraud. «  Non, c’est Rami qui aurait dû prendre les deux ans  », réplique Aulas. La presse se nourrit goulûment de ces polémiques à la petite semaine, «  l’Equipe  » fait même huit colonnes à la Une avec un grandiloquent «  J’accuse  » proféré par Eyraud où il tance son homologue lyonnais dans un inventaire à la Prévert long comme un jour sans pain. Aulas guette les caméras comme un forcené pour dire tout le mal qu’il pense d’un «  imposteur  » et porte plainte pour «  incitation à la haine  ». Les deux hommes d’affaires, deux pieds nickelés en l’occurrence, ne se rendent pas compte que leur égo surpasse leur sens des responsabilités, qu’à jouer les pyromanes on attise les flammes, qu’à créer un climat de détestation, on signe une déclaration de guerre, qu’à s’en prendre aux arbitres avec tant de constance, ils en sont déstabilisés.
Complicité  ? 
Aulas et Eyraud inspirent plus la mauvaise foi que la sincérité, le cynisme que la courtoisie. Leur affrontement puéril ne serait-il pas un artifice pour faire monter la température, pour chauffer des supporters un peu bas de plafond en meute  ? Ne font-ils pas du clientélisme pour que les matches des Olympiques deviennent des confrontations chaudes comme la braise, au parfum de soufre digne des PSG-OM d’il y 25 ans  ? Les supporters marseillais ont bien reçu le message  et lancé leur slogan pour la finale contre l’Atlético de Madrid du 16 mars  :  «  On cassera tout au Groupama Stadium  ». Réponse des supporters lyonnais  :  «  On vous attend  ».  Les commerçants lyonnais ont déjà prévu de fermer boutique.  Ça promet  ! On dit merci qui  ? Merci messieurs Aulas et Eyraud.