L’attaque, tout pour l’attaque
Le 75ème match de cette édition 2017-2018 aura été le plus spectaculaire, le plus enlevé, le plus intense, le plus offensif, ce qui fait beaucoup de vertus à la fois. Naples-Manchester City avait atteint des sommets techniques en phase de poule mais il n’était pas décisif. A Madrid, nous avons rarement vu deux équipes animées par le même slogan du «  tout pour l’attaque  ».  Deux blocs très hauts qui ne reculent pas d’un pouce à la perte du ballon, des latéraux qui jouent ailiers, pareille similitude est inédite. Sans quelques maladresses de Lewandowski et de Müller au Bayern et surtout du transparent Cristiano Ronaldo pour le Real, le tableau d’affichage aurait pu approcher les 10 buts. Si parfois, à confondre vitesse et précipitation, il y eut quelques imprécisions techniques, ce fut un plaisir constant devant la soif simultanée de marquer, encore marquer. Les entraîneurs frileux en ont pris pour leur grade devant tant de générosité et de risques tactiques, les défenses se retrouvant souvent en infériorité numérique.
L’éloge de la stabilité
A l’exception de Tolisso – rarement titulaire – les deux clubs avaient la particularité de présenter une feuille de match qui aurait pu être la même il y a trois saisons. Zinédine Zidane a refusé toute arrivée à l’intersaison et le quatuor offensif du Bayern Ribery- Lewandowski-Müller-Robben (blessé en ce moment) est le même depuis quatre ans. Pour acquérir des automatismes, avoir de la cohérence, de l’homogénéité, on voit que la stabilité est une assise très confortable.  Pointons le doigt vers la capitale où la principale préoccupation du PSG, sitôt son élimination consommée dans la compétition, est de savoir combien il va falloir aligner de centaines de millions pour se renforcer. Cette politique du bling-bling, si elle peut faire rêver les supporters, est contre-productive pour la structuration d’une équipe.
Benzema vous salue bien, monsieur Deschamps
Si  Zidane était sélectionneur de l’équipe de France, l’un des premiers noms qu’il cocherait pour faire son équipe serait celui de Karim Benzema. Didier Deschamps n’a pas dû être ravi de la performance exceptionnelle de l’attaquant madrilène. Non seulement il a marqué deux buts –dont le premier est un pur chef-d’œuvre venu conclure une action collective de 28 passes-  mais ses contrôles, sa science de la passe, ses déplacements, son altruisme, sa disponibilité, son intelligence de jeu en somme auront été un supplice pour la défense allemande. Olivier Giroud, l’heureux élu à la pointe des Bleus, ne peut même pas espérer  jouer un jour dans la même division que lui, quand bien même son courage et son obstination sont respectables. Pour un tweet malheureux laissant entendre que Deschamps avait succombé sous la pression d’une France raciste, le Madrilène a été condamné à la peine maximale, l’exclusion à vie. N’est-ce pas trop cher payé  ? Dans le même registre des parias, la saison de Franck Ribery est étonnante. A 35 ans, il a encore réalisé un match tonitruant, multipliant  appels,  une-deux, centres en retrait. Benzema et Ribery, les deux laissés pour compte, ont éclairé de leur lumière le stade Bernabeu, maudit pour des Bavarois déjà éliminés ici l’an passé sans le mériter davantage. Aucun regret, monsieur Deschamps  ?