Tout les oppose  ? Oui…mais
700 millions d’Euros contre 30  : le budget du PSG est 23 fois supérieur à celui de Guingamp. Un club mondialisé financé par le gaz du Qatar contre une PME aux 100 petits sponsors et le début d’un actionnariat populaire à 40 Euros la participation, Nicolas Sarkozy, Patrick Bruel au Parc, Raymond Domenech et sa compagne Estelle Denis au Roudourou, des maillots de Neymar vendus dans les cinq continents, celui de Briand dans les Côtes d’Armor, le seul salaire de Neymar supérieur au budget de Guingamp, crise de nerfs après une défaite du PSG, simple soupir à Guingamp, 150 «  Une  » de «  L’Equipe  » par an contre 1 les bonnes années, démesure et outrance contre juste mesure et bon sens, hystérie contre quiétude, un besoin de vouloir épater le monde par sa puissance financière contre une humilité revendiquée. Quand le Paris Saint-Germain bataille avec un quarteron d’avocats pour se mettre en règle avec fair-play financier imposé par l’UEFA, Guingamp expédie en 10 minutes la validation de ses comptes à la DNCG française. Paris recrute Neymar et M’Bappé, Guingamp Deaux et Benezet. Mondovision pour l’un, FR3 pour l’autre.
Tout les oppose, absolument tout, leur univers est aussi désassorti que le jour et la nuit, incompatible, irréconciliable et pourtant, aussi incomparables soient-ils, leurs deux projets ont besoin l’un de l’autre, comme s’ils étaient complémentaires dans un football qui marche sur la tête. Le PSG, parce qu’il achète des joueurs issus de clubs minuscules, ne peut pas se passer de clubs comme Guingamp qui ont besoin du PSG pour consolider un professionnel confortable. D’une certaine manière, ils se tiennent par la barbichette, ne peuvent pas se quitter. La bulle spéculative dans laquelle se repaissent le PSG et quelques semblables à compter sur les doigts des deux mains est-il le prix de l’excellence  ? Il est vrai que le passionné moyen de football n’est pas insensible au jeu parfois flamboyant des coéquipiers de Thiago Silva.  Mais dans l’ordre des mérites, si ça veut dire encore quelque chose, n’y a-t-il pas inversion des hiérarchies  ? Ce que réalise Guingamp n’est-il pas plus valeureux  ? C’est en tous cas l’émanation d’un football à visage humain qui se contente de vivre dans l’ombre d’un ogre, qu’il aura le plaisir de croiser un soir au Parc des Princes en prime time.