Question de mode
Ce n’est pas un seul exercice sombre qui nous fera varier de ce que l’on pose comme une croyance originelle au «  Miroir  »  : mieux on joue, plus on gagne. Ce n’est évidemment pas une vérité indépassable, il y a des modes au gré des saisons  : la majestueuse domination du Barça a parfois été mise à mal par le réalisme de Chelsea et de l’Inter de Milan.
Faire déjouer l’adversaire aura été la clef de cette édition.
L’équipe la plus cynique du monde, la Juventus de Turin a failli, à trente secondes près et un pénalty de  Ronaldo –plus discuté que discutable- causer l’une des plus grandes surprises de l’histoire de la compétition. Vainqueurs 3-0 à l’aller, les Madrilènes ont été à deux doigts de se faire surprendre par une équipe qui, contrairement à ce le score pourrait laisser présager, a seulement contré. Trois flèches empoisonnées auraient pu briser le rêve du Real de réaliser un triplé historique.
A Rome, le Barça a été inexistant. Balayé par une équipe  qui réalise un obscur championnat, son refus de jouer lui aura été fatal. Depuis le début de la saison, Messi est éblouissant et marque but sur but. Il a suffi qu’il soit dans un jour sans pour que le Barça plonge. Ses remarquables résultats en championnat où il est toujours invaincu parvenaient jusque là à masquer ses insuffisances dans le jeu. Son bloc défensif joue 10 mètres plus bas et Valverde, son nouvel entraîneur, sacrifie le plus souvent un attaquant pour rajouter un milieu défensif au côté Busquets, Paulinho ou Sergio Roberto. Barcelone trahit un peu son style, les socios vont beaucoup moins au stade (12 % de baisse de fréquentation). Valverde est-il l’entraîneur idoine pour redonner de la flamboyance à un club unique  ?
Manchester City, quant à lui, dont le jeu a une forte parenté avec celui du Barça des bonnes années, a pu croire pendant 45 minutes à l’exploit de renverser la vapeur après sa défaite à Liverpool (0-3).  En panne de gaz, les hommes de Guardiola flanchèrent.
On peut se demander si le Barça et Manchester City, à force de courir après tous les records de points, de buts, de victoires, ne sont pas arrivés au printemps très émoussés, à un moment où un peu de fraîcheur n’est pas un luxe. C’est une explication qui, nous semble –t-il, tient la route pour expliquer semblables déconvenues.
Des équipes à fort potentiel footballistique, City, le Barça, Naples, Tottenham, le PSG, aucune ne figure dans le dernier carré. On en tirera juste comme conclusion que ce cru 2017-2018 manque de raffinement.