Oui, le PSG est une bonne équipe
Le jour du match, l’engouement pour le club de la capitale était outrancier  :  «  Cette équipe a tous les atouts pour mettre Paris en feu ce soir, ça va être une grande fête  », lisait-on dans «  le Parisien  ». Le lendemain, changement radical de décor toujours dans «  le Parisien  »  : «  Cette équipe est pathétique, indigne, ce club est tout petit  ». «  L’Europe est trop grande pour Paris  » conclura dans un éditorial au vitriol Vincent Duluc dans «  l’Equipe  ». Radios et télés rivalisent de perfidies pour traiter le mauvais match des Parisiens, Emery est catalogué de «  nul  »,   Verrati de «  psychopathe  », c’est l’hécatombe, un peu comme lorsqu’un jeune homme ébloui par une jolie fille la voit comme une princesse, qui devient une traînée le jour où elle lui claque la porte au nez. Bien sûr que l’échec  du PSG est un préjudice financier important pour une presse écrite pas très vaillante mais il n’y a pas de raison pour qu’elle fasse payer si durement une équipe qu’elle avait portée aux nues il y a un an après la formidable victoire (4-0) du match aller contre le Barça alors qu’elle n’avait ni Neymar, ni M’Bappé. Une juste appréciation des choses serait peut-être de penser que le PSG n’était pas champion du monde il y a 12 mois et qu’il n’est pas le roi des tocards aujourd’hui. Globalement, l’équipe de la capitale est une bonne équipe qui est passée totalement à travers son match retour et qui a sans doute été pénalisé par le coaching désastreux d’Emery à Madrid. Remplacer un attaquant, Cavani, par un défenseur, Meunier, alors qu’il n’y a pas de danger particulier fut une calamité. L’entraîneur parisien, il le sait, peut préparer ses valises. Les rumeurs annoncent son remplacement par Antonio Conte, qui n’est pas Italien pour rien. Sa marque de fabrique est la rigueur défensive. Est-ce vraiment de cela dont a besoin le PSG  ?

On regrettera Tottenham
L’équipe la plus surprenante et emballante ne participera pas aux quarts de finale. Tottenham, au jeu fluide et académique, est tombé sous deux coups de griffe de la Juve qui a érigé l’efficacité, la malice, le vice au rang de dogme. Au match aller (2-2), les Italiens avaient déjà été dominés par une équipe très joueuse. Au retour (1-2 donc), Lloris a touché deux fois la balle pour la ramasser au fond de ses filets à l’heure de jeu. Que reprocher aux Anglais qui ont multiplié les tentatives pour déstabiliser une équipe dépassée par leur qualité collective  ? Peut-être d’avoir un peu calculé lorsqu’ils menaient 1-0 et que la qualification leur tendait les bras. Face à la Juve sur le point de rompre, il ne faut pas tergiverser. Bien sûr, après le match, sur les antennes, on encensait le sens tactique italien. C’est tellement facile de voler au secours de la victoire  ! Ils avaient aimé l’Inter et le catenaccio, ils aiment la Juve et son cadenas défensif. Le jeu de football ne les intéresse pas puisque les champions d’Italie sont si ennuyeux que même quelques actions de classe ne sont qu’un rayon de soleil dans un univers maussade. La Juve est ennuyeuse, Tottenham enchanteur. Il arrive parfois que les mérites sont mal récompensés. Ce fut un milieu de semaine au goût amer.