Real, de l’extase au néant

Si d’aventure le Real ne réussissait pas dans son entreprise, sa saison serait calamiteuse ou presque –la Coupe du monde des clubs en décembre est assez honorifique. Elle serait même quasiment terminée  ; éliminé de la Coupe d’Espagne, il ne lui resterait plus qu’à préserver sa 4ème place dans la Liga pour participer à la prochaine Champions League.  Meilleure équipe au monde – si l’on s’en tient au palmarès – pendant deux exercices, on voit le vide abyssal qui saisirait la bande à Zidane, héros devenu loser en  l’espace de quelques semaines. Le football est d’une cruauté absolue dans sa remise en cause permanente, ses fluctuations si soudaines. Que s’est-il donc passé depuis le mois d’août  ? Pas grand-chose à vrai dire, le Real a été le club le plus sage, le plus stable d’Europe  : quelques départs (Pepe, Morata, James Rodriguez, Danilo), aucune arrivée. Ce fut le choix de Zidane en concertation avec Sergio Ramos et Cristiano Ronaldo. «  Je ne vois aucun joueur susceptible de renforcer l’équipe  » a dit l’entraîneur français au président Florentino Perez. Après  un début de saison un peu nonchalant, le Real gagne donc la Coupe du monde des clubs et compte bien se remettre sur les rails en recevant le Barça le 23 décembre dernier. Les Madrilènes démarrent en fanfare, se créent pléthore d’occasions qu’ils ne transforment pas. Et comme souvent en pareil cas, sont punis à la première contre-attaque du Barça. KO, le Real perdra 3-0 et se retrouve alors à 10 points de son concurrent. C’est à ce moment-là sans doute que l’on peut dater les problèmes de la maison blanche. Plus rien n’ira droit, surtout pas les frappes de Cristiano Ronaldo – pourtant d’une adresse diabolique – qui n’en cadrent plus une. Le week-end dernier encore, archi-dominateurs, les joueurs du Real ont dû concéder le nul (2-2) contre Levante. Comme dit l’autre, «  quand ça veut pas, ça veut pas  ». Ils deviennent nerveux, le jeu est décousu. A cette loi des séries, les plus grands statisticiens n’ont jamais trouvé d’explication. Alors qu’ils seront privés pour cause de suspension du remarquable latéral Carvajal, les Madrilènes pourront-ils retrouver un peu de leur flamboyance mercredi  ? Ils sont au pied du mur, et le mur est haut.
PSG  : oublier le passé  
Tout l’argent du monde ne peut racheter les affres de son passé. Pourtant, les Parisiens seraient bien inspirés de l’oublier, ce passé traumatisant, cet improbable 6-1 encaissé au Camp Nou de Barcelone le 8 mars 2017 après un match aller (4-0) étincelant. Etre résilient, pour employer un terme mis à toutes les sauces, c’est ce à quoi les coéquipiers du très émotif Thiago Silva vont devoir se résoudre. Si cet échec mémorable ne pèse pas comme une chape de plomb dans les esprits, ils auront déjà fait un bon bout de chemin. Reste maintenant à Unaï Emery – si crispé en cette nuit fatidique – de ne pas brider ses joueurs dans leur expression collective et offensive. Depuis le début de la saison, en dépit de quelques rencontres un peu bâclées ou crâneuses, les Parisiens affichent un incontestable brio et développent avec Manchester City – qui a la chance d’être entraîné par Guardiola – ce qui peut se faire de mieux sur le continent en terme de jeu. Ils peuvent compter sur l’apport de Neymar qui était du bon côté l’an passé avec le Barça. Il est très rare que l’enjeu d’un huitième de finale de coupe prenne autant d’ampleur  : si le Real perd, il piquera une crise dont il est coutumier et Zidane en entendra de toutes les couleurs. Si c’est le PSG, Emery pourra préparer ses valises et les Qataris attendre encore un an avant de pouvoir rêver. Une crainte  ? Que l’enjeu crispe les acteurs. Un espoir  ? Que les deux équipes ne pensent qu’à jouer, auquel cas ce sera la piste aux étoiles.