Victime de sa culture
L’équation était simple  : battue 1-0 par la Suède à Stockholm, la Squadra Azzura devait gagner par deux buts d’écart. Face à une équipe  suédoise remarquablement organisée en défense, nerfs d’acier et surprenante sérénité, les hommes du sélectionneur Ventura – dont la lettre de licenciement ne va pas tarder – devaient faire ce que leur culture ne leur permet pas  : attaquer. Ils n’ont pas su, ils ne savent pas, comme si Arrigo Sacchi hier avec le Milan A.C et Maurizio Sarri aujourd’hui avec Naples prêchaient dans le désert. Privés du retraité Ibrahimovic, les Suédois se sont contentés de dresser à 15 mètres de leur but deux lignes de cinq (sans même un attaquant pour faire diversion) pour obtenir un 0-0 qui les propulse en Russie. Parfois, les Italiens ont fait pitié, laissant l’impression qu’ils auraient pu jouer jusqu’au petit matin sans marquer. Leur possession de balle a frôlé l’insolence mais leur manœuvre d’approche était si téléphonée qu’hormis sur coups de pied arrêtés, le gardien Olsen a passé une soirée relativement paisible. Le manque d’inspiration des partenaires de Buffon, l’incapacité à créer des décalages et à déborder sur les ailes tenaient de l’impuissance et d’une imagination défaillante. Ce n’est pas leur technique individuelle qui est en cause (encore que pour certains, c’est un peu juste  !) mais plutôt leur savoir-faire insuffisant à attaquer en première intention. La multiplication des «  centres dans le paquet  » a ravi les robustes Suédois qui ne demandaient que ça. Rois de la contre-attaque, repus de l’art du contre-pied, les Italiens se sont cassé les dents à résoudre un problème insoluble pour eux. A 40 ans, Buffon aurait bien mérité de terminer sa magnifique aventure en Russie. La Suède a dit niet.  Puisse ce cataclysme remettre en cause la religion du catenaccio italien qui a une trop longue vie.