Paris et ses vassaux
Il se pourrait que comme l’an passé, les Parisiens trouvent leur maître qui ne pourrait être que Monaco. Mais il est vrai que le PSG est un peu seul au monde, comme si ses concurrents n’étaient que des faire-valoir ou des souffre-douleur. Sa domination devait être celle d’une locomotive tirant toute la confrérie  dans le bon sens, selon le phénomène du « ruissellement »souvent évoqué ici. Mais il n’y a pas d’émulation, la locomotive ne tire pas les wagons, elle les écrase tellement qu’on se demande ce que serait la Ligue 1 sans lui. Tout le monde lui fait des courbettes et lui déroule le tapis rouge parce qu’il est le maître du jeu –les tweets du président de Lyon Aulas dénonçant sa trop grande hégémonie ne sont d’aucun effet-, parce que  tout le monde sait que les prochaines négociations pour les droits télévisuels ne tiennent qu’à lui et parce que tout le monde est fasciné par l’argent des transferts, les 400 millions deNeymar et M’Bappé. Si le fonctionnement du club nous interpelle profondément, l’équipe du PSG nous ravit. Neymar, M’Bappé, Di Maria, Pastore, Verratti, Rabiot, nous sommes bien dans le monde des artistes, un monde que nous supportons sans réserve.

Déceptions
On avait pensé un peu naïvement que quelques équipes étaient susceptibles d’étaler un savoir-faire inaccoutumé en championnat. Avec l’arrivée d’entraîneurs étrangers plus dévergondés et la montée en gamme de Marseille, le rêve était permis d’avoir une compétition plus attrayante, plus joyeuse, plus ouverte. Il y a loin de la coupe aux lèvres. C’est en effet assez mal parti : on a cru à Lille que Bielsa était le messie. Non, il n’est qu’un manager qui dirige 13 nouveaux jeunes joueurs venus de tous les continents. Alors, la mise en route est laborieuse. Bielsa réussira sans doute –on le souhaite-mais il a besoin de temps.
Le discours à Saint-Etienne d’Omar Garcia, le nouvel entraîneur des Verts était emballant, sa filiation avec le Barça aussi. Mais là encore la baguette magique ne fonctionne pas : les Verts ont un jeu si peu coordonné qu’on se demande si le recrutement n’a pas été fait à l’INSEP plutôt que dans les centres de formation. Il y a de très beaux athlètes dans le Forez mais peu de bons footballeurs.
C’est un peu l’inverse à Marseille où Rudi Garcia doit composer avec des joueurs totalement hors de forme et incapables de tenir le rythme. Evra, Payet, Rami, Abdennour, très beaux contrats à l’appui, ne sont pas en mesure d’asseoir le très pompeux « Champions Project » défini par la direction de l’OM.
Lyon ne va pas beaucoup mieux, Tolisso et Lacazette n’ont pas été remplacés, son jeu est très décousu, il ne tient que par la renaissance de Fékir, intenable depuis le début de la saison. On se gardera de tirer de conclusions si hâtives mais le décor est planté et il n’est pas bucolique comme les ravis de la crèche nous le présentent.

Satisfactions
On ne peut pas instruire qu’à charge mais au rayon des satisfactions, la liste est courte. On espère que Rennes, très bon à Marseille – mais décevant lors des 4 premiers matches minutieusement étudiés – a pris sa vitesse de croisière. Gourcuff et les siens peuvent être la bonne pioche pour peu qu’ils rééditent ce type de match.
L’observation vaut pour Nice, qui a eu du mal à digérer un mercato agité et une élimination en barrages de Champions League contre une très belle équipe de Naples. Contre Monaco (4-0) les Niçois ont retrouvé un peu de leur football. Pour les champions de France, la thèse de l’accident sans lendemain est plausible, ils restent une valeur sûre.
Une bonne surprise : Angers qui a fait cinq matches assez consistants et dont le fond de jeu s’améliore au fi des saisons.
Nous éviterons la dictature de l’immédiateté et les jugements péremptoires après si peu de matches mais la première impression incite plutôt au pessimisme : le contre est toujours la règle prioritaire à peu près partout, la défense de son territoire une sale habitude difficile à changer. Cette première approche ne baigne pas dans l’optimisme mais ne dit-on pas que les pessimistes ne sont que des optimistes lucides prêts à retourner leur veste pour peu que les matches soient tout simplement meilleurs ?