De la douleur au bonheur
Le 27 juillet dernier à Istanbul, Monaco perdait 2-1 contre Fenerbahçe le match aller des phases qualificatives. Il s’imposera dans la douleur 3-1 au retour. A ce moment-là, même un fou furieux n’aurait pas misé un kopeck sur les chances des Monégasques de se retrouver en demi-finale huit mois plus tard. Villareal, alors sans entraîneur et avec une équipe bis, passera en août à la trappe (2 fois 1-0). Les Monégasques débutent donc la compétition dans une poule avec Tottenham, le Bayer Leverkusen, le CSKA Moscou, autant d’adversaires qui ne pèseront pas très lourd. A l’heure des huitièmes contre Manchester City, on se disait que les partenaires de Falcao avaient déjà fait une belle campagne européenne. Mais les Mancuniens et Guardiola allaient faire les frais du redoutable jeu de contre-attaque monégasque et dans la foulée Dortmund subira le même traitement en quarts : 6 buts encaissés par les Anglais, autant par les Allemands pour ne pas faire de jaloux. Monaco a une spécificité : il transforme en buts pratiquement toutes ses occasions. L’efficacité est maximum, c’est sans doute ce qu’on appelle la réussite.
Jeunesse triomphante
On dit souvent que le manque d’expérience est rédhibitoire en Champions League. Monaco démontre le contraire puisque six de ses titulaires en étaient à leur coup d’essai, un coup de maître. La fraîcheur, la légèreté, la simplicité, l’enthousiasme du jeu inspirés par Jardim sont très intéressants. Si la contre-attaque n’a jamais été la tasse de thé initiale du “Miroir”, lorsque le système est appliqué avec autant d’intelligence et d’intentions plutôt louables, il n’y a pas grand-chose à redire. Le sens de l’anticipation, la facilité de récupération du ballon, le goût des grandes chevauchées des latéraux inclinent à une certaine admiration. La maîtrise technique, la vision du jeu, la clairvoyance de Silva et Lemar nous surprennent de plus en plus et la vitesse du phénomène Mbappe, sa vivacité gestuelle sont proprement ahurissantes. Comme son grand aîné de 18 mois, Dembele, a été le meilleur Allemand, on imagine le potentiel futur de l’équipe de France qui mériterait un sélectionneur plus “joyeux” que Didier Deschamps. On s’égare…
Ce ne sera pas le Barça
Monaco saura demain s’il est opposé au Real, à l’Atletico ou à la Juventus qui s’est qualifié à Barcelone. On avait bien décelé que la victoire 6-1 du Barça contre le PSG relevait plus d’une immense faiblesse parisienne que d’une prouesse catalane, on en a eu confirmation hier soir. SI l’histoire s’arrête donc pour Messi et les siens cette saison, elle se poursuit pour Monaco, gai et fier trublion qui bouscule l’ordre établi.