Lyon, la Ligue Europa ou rien
5-4-1, 5-3-2, 4-2-3-1, 4-3-3, on pourrait rajouter autant de formules que l’on veut que l’on ne saura jamais très exactement ce que désire Bruno Génésio, coach déroutant. Une constance cependant : quelle que soit la mise en place, la défense lyonnaise joue à 20 mètres devant les buts de son gardien Lopes, aidée le plus souvent par trois milieux défensifs (Gonalons, Tolisso, Ferri ou Tousard), ce qui crée des lignes totalement distendues et de grands boulevards. L’attaque, point fort de l’équipe (Lacazette épaulé au choix par Fékir, Depay, Valbuena, Ghezzal, Cornet) est insuffisamment représentée et souvent livrée à elle-même. Bien sûr, le recrutement de Lyon n’a pas été bon mais une équipe faible en individualités défensives résout-elle ses problèmes en restant plantée devant son gardien? Le président Aulas, le jour de l’inauguration du coûteux stade, avait déclaré qu’une qualification en Ligue des Champions était un impératif. Relégués à 16 points de Nice, un gouffre, les Lyonnais n’ont plus qu’une alternative : gagner la Ligue Europa. Cette perspective aléatoire ne saurait masquer une saison de désillusions et de promesses inachevées. La fébrilité et l’inconstance auront été la marque de fabrique d’un club au budget faramineux de 212 millions d’Euros.
Bordeaux, un cru moyen
Avec Jocelyn Gourvennec, Bordeaux s’était plu à rêver d’un football plus généreux, plus spectaculaire afin de remplir un stade flambant neuf qui sonne le vide. Mais Gourvennec usurpe quelque peu cette réputation d’entraîneur épicurien. Les Girondins, eux aussi, ont un bloc positionné très bas. Lorsqu’ils récupèrent le ballon, ils ont 70 mètres à faire pour rejoindre le but adverse. C’est trop, beaucoup trop, alors qu’ils ont six joueurs offensifs de très bon niveau (Kamano, Menez, Rolan, Laborde, Oulas, Malcom). Le 4-3-3 (avec trois milieux à tendance défensive) ne leur permet que d’en aligner trois en même temps alors que Oulas ou Malcom pourraient trouver leur place au milieu dans une approche du jeu plus offensive. Quelques bonnes séquences ne peuvent pas gommer ce déficit tactique.
Saint-Etienne, l’espoir vert déçu
En juillet dernier, les Stéphanois avaient dans leur tête de jouer les trublions et de venir titiller le PSG, Monaco ou Lyon, présumés supérieurs. Leur qualité de jeu est bien trop défaillante pour réussir à troubler la hiérarchie. Fidèles à leur réputation, les Verts sont très combatifs et courageux mais aussi très laborieux. Ils disposent de 25 joueurs d’égale valeur et pourraient faire deux équipes mais leur manque d’aisance technique est assez frappant. Ils ont un mal fou à se créer des occasions autrement que sur des coups de pied arrêtés et pratiquent une sorte de hourra football improductif (12 ème attaque). Leur fonds de jeu et leur créativité sont pauvres; la fidélité de leurs supporters mériterait mieux. Mais il est vrai que Christophe Galtier n’est pas un entraîneur très emballant. A trop miser sur le combat, il en oublie le football.
Lille, vivement Bielsa
Lorsqu’on voit jouer les Lillois, on se demande bien comment Franck Passi a pu être l’adjoint de Marcelo Bielsa à Marseille. A-t-il cru qu’il était original de s’en démarquer, de vouloir faire autrement? En tous cas, Lille réalise une très piètre saison, à l’image de son avant-centre portugais Eder, celui-là même qui avait crucifié l’équipe de France en finale de l’Euro. Le nouveau propriétaire Gérard Lopez va avoir du pain sur la planche pour redonner un peu de tonus à une équipe qui en avait beaucoup en 2011 quand elle fut championne de France. A Lille, on attend Marcelo Bielsa comme le messie.
Et Marseille ?
A ce quatuor de recalés, on aurait pu rajouter Marseille. C’eût été sévère parce que les Marseillais, épisodiquement certes, ont démontré que leur football plutôt tourné vers l’offensive avait une certaine saveur et méritait quelques égards. Lyon, Bordeaux, Saint-Etienne, Lille, eux, symbolisent l’aspect beaucoup trop restrictif de la Ligue 1, qui est malgré tout notre pain quotidien.