Jardim perspicace
C’est heureux, l’entraîneur portugais n’écoute pas les oiseaux de mauvais augure qui le sommaient de prendre son temps, de tenter de marquer un but et d’attendre le dernier quart d’heure pour se découvrir et gagner 2-0. Si vous attaquez, vous allez être pris en contre et vous n’y arriverez pas, disaient-ils. Au lieu de quoi, la stratégie de Jardim fut exactement l’inverse : attaquons à tout va, pressons très haut une défense friable et occupons leur camp. Excellent calcul : en prenant les Citizens à la gorge, en les étouffant, les Monégasques les ont privés de ballons. La vitesse et l’intensité de la méthode ont parfois provoqué de la précipitation et un jeu plus débridé qu’académique. Et la débauche d’énergie fut telle que la seconde période s’avéra longue. Mais la solidarité, le goût de l’effort, le dynamisme, l’abnégation ont abouti à une qualification qui n’est pas un vol sur l’ensemble des deux matches.

Recrutement haut de gamme
Le club monégasque est indiscutablement le club français qui recrute le mieux et se trompe rarement. Un exemple saute aux yeux : celui de Benjamin Mendy. Il n’avait pas les pieds très agiles quand il est arrivé à Marseille, où il a progressé avec Bielsa. Depuis huit mois à Monaco, il a pris une autre dimension. Epris d’aventure offensive, il forme avec Lemar un tandem très complémentaire, tout comme Fabinho et Silva à droite. La variété de manoeuvres est très intéressante et souvent conclue en ce moment par Mbappé qui a des jambes de feu. A 18 ans, ses débordements, sa vélocité et sa puissance sont impressionnants. Et comme il n’a pas l’air embarrassé avec le ballon, Monaco tient une pépite qu’il va monnayer à un prix astronomique. Obligé de vendre parce que ses recettes sont assez faibles, la centrale d’achat qu’est devenu le club de la Principauté se porte bien.

Guardiola à la peine
Pour la première saison depuis qu’il entraîne, Pepe Guardiola n’emmènera pas son équipe en demi-finale de la Champions League, pas même en quarts donc. Celui que l’on peut considérer comme le meilleur coach du siècle ne peut pas inventer grand-chose pour compenser la faiblesse d’une défense qui a un mal fou à ressortir proprement la balle. Avec Guardiola, il est interdit de jouer long mais la maîtrise technique de ses défenseurs. est insuffisante pour que le projet aboutisse. Il faut laisser un peu de temps à l’Espagnol qui aura tout loisir l’été prochain de choisir de meilleurs relanceurs. Sagna, Clichy, Otamendi sont-ils adaptables au foot selon Guardiola?

Séville rate le carré d’as
Avec trois représentants (le Real, l’Atlético et le Barça), l’Espagne confirme sa suprématie. Leicester a évité le Brexit en éliminant Séville, la belle Andalouse méconnaissable depuis un mois. Les joueurs de l’explosif argentin Jorge Sampaoli, qui ne supporte pas que son équipe n’ait pas le ballon, étaient potentiellement largement supérieurs au sympathique champion anglais. Mais depuis quatre ou cinq matches, ils ont beaucoup de mal à étaler la richesse de leur football. En ratant deux pénaltys et avec un Nasri qui s’est fait expulser comme un bleu et qui traverse une sale période après avoir été remarquable pendant les six premiers mois de son prêt, les Sévillans ont raté l’occasion d’offrir un carré d’as à l’Espagne. Dommage, cette équipe aux petits moyens financiers a une grande force attractive. Mais si les quarts sont aussi passionnants que les huitièmes, on arrivera à faire sans eux.