Scoumoune

Arsenal était assez bien parti pour laver l’affront de Munich (1-5). Il ne s’agissait pas de renverser la vapeur, juste de sortir la tête haute.
Un arbitrage défaillant, alors que les Gunners menaient 1-0 les a peut-être privés de cette sortie honorable. Réduits à 10 après la fantaisiste expulsion de Koscielny, ils se sont totalement liquéfiés et ont pris l’eau de toutes parts pour encaisser encore 5 buts. Tous les vents sont contraires en ce moment : Cazorla, le stratège espagnol, est blessé depuis quatre mois, Özil a mis son génie en berne, Sanchez fait le coup de poing avec ses partenaires à l’entraînement : Arsenal est au bord de la crise de nerfs.
Wenger fait le dos rond, ce n’est pas la première tempête qu’il traverse, il est suffisamment blindé et consistant pour encaisser les coups qui pleuvent de partout. Les supporters déploient des banderoles pour demander son départ, la presse anglaise le somme tous les jours de démissionner, jusqu’à France Football qui dans un éditorial au vitriol le lynche comme un paria.
La mémoire fait défaut, le monde du foot est amnésique d’une aventure plutôt glorieuse. Le Français, c’est vrai, a commis des erreurs de recrutement qui le contraignent à titulariser l’ancien Lorientais Coquelin ou le Suisse Xhaka, milieu de terrain quelconque acheté 40 millions d’euros.à Möenchengladbach. Arsenal est un club puissant qui a un effectif insuffisant pour tenir la dragée haute au Bayern dès lors que les circonstances sont néfastes. Après chaque élimination, depuis une éternité, Arsenal se serrait les coudes et terminait le championnat en trombe. On louait alors Wenger pour sa tenacité à tenir le choc. Et les dirigeants, à qui il a fait gagner beaucoup d’argent, lui maintenaient une confiance aveugle.
Le club londonien est encore dans le coup pour terminer sur le podium de la Premier League, à moins que le ressort ne soit cassé. Wenger est en fin de contrat dans trois mois. Il ne vit que pour le foot et, à 67 ans, ne veut pas entendre parler de retraite. On lui demandera pourtant de passer la main s’il n’y a pas une embellie d’ici mai. Trois mois, en foot, c’est plus qu’il n’en faut pour inverser la tendance. Mais il faudrait qu’Arsenal propose autre chose que des copies un peu décousues et un effondrement sitôt la première contrariété venue. On voudrait y croire avec lui…

Réussite

A la scoumoune de Wenger, on peut opposer la réussite de Zidane. Sur les deux matches, le Real a battu 6-2 Naples, qui lui a pourtant donné du fil à retordre. Depuis le début de la saison, les Napolitains jouent un football spectaculaire mais ils ont baissé pavillon devant des Madrilènes qui, avec Cristiano Ronaldo et surtout Sergio Ramos, possèdent deux redoutables joueurs de tête. Sans être très brillants sur les deux matches, les hommes de Zidane ont montré une efficacité redoutable. Pouvoir marquer à tout moment, c’est bien sûr un atout que Wenger peut jalouser.