L’ombre de Bielsa

On se serait cru revenu deux ans en arrière sous l’ère enchanteresse de Bielsa, quand l’OM attaquait à tout va. Avec Rudi Garcia, c’est pareil, le désir de prendre d’assaut le camp adverse est le même et comme Monaco rendait coup pour coup, la première mi-temps fut superbe d’intensité, de mouvement, d’intention. Garcia a compris que pour redonner vie à un stade vélodrome qui criait son dépit, il fallait du spectacle et du panache. Le nouvel entraîneur olympien n’est pas responsable si, dans le même temps où Monaco amenait des futurs cracks comme Lemar ou Silva, Marseille faisait signer -et pour un million de plus – Doria et Rekik. Alors, bien sûr, le jeu marseillais est un peu décousu mais il emprunte la bonne voie pour retrouver de son lustre perdu. L’OM va commencer son mercato d’hiver et l’erreur à éviter serait celle du tape à l’oeil et du buzz. Depuis une semaine, il s’est mis en tête de faire revenir Payet, une transaction très chère (le Montpelliérain Sanson qui vient de signer contre 12 millions, c’est pas cadeau). Ca ferait du bruit mais serait-ce bien utile quand il y a toute une défense (hormis le Japonais Sukai, très bon) individuellement très faible? Vouloir jouer si offensivement est une vertu qui n’empêche pas d’avoir une assise un peu moins friable. Une nouvelle fois, les supporters marseillais peuvent remercier Vincent Labrune, expert en transferts ratés (enfin, sûrement pas pour tout le monde).

Honneur à Jardim
Il faut bien convenir que les Marseillais se sont un peu jetés dans la gueule d’un loup monégasque jamais aussi à l’aise qu’en contre. L’extraordinaire force de frappe des hommes de Jardim (60 buts en 20 matches) n’est pas la preuve d’une équipe qui se livre à un jeu d’attaque débridé mais plutôt de contre-attaque, avec du talent et une vitesse folle.   Les latéraux Sidibé et Touré (ou Mendy) tentent en permanence d’apporter le surnombre dans un jeu de transition défense-attaque rondement mené. On ne refera pas l’éloge d’un milieu surprenant dans sa capacité d’accélération, sa maîtrise technique, son intelligence et parfois sa grâce s’agissant des artistes Silva et Lemar. Quand il s’invite avec virtuosité, on ne peut pas rester insensible à un système qui n’a pourtant jamais été le préféré du “Miroir”.

Le disciple de Bielsa
C’était un dimanche Bielsa. Après son ombre au stade vélodrome à Marseille, ce fut son disciple le plus affirmé qui fit des siennes au stade Ramon Sanchez Pizjuan de Séville. Jorge Sampaoli, l’entraîneur sévillan a réussi avec ses joueurs là où tout le monde avait échoué depuis le mois d’avril 2016 et 40 matches : faire tomber le Real Madrid (2-1). Le Chilien Sampaoli, donc, est le descendant naturel de Bielsa qui l’a adoubé et ne jure lui aussi que par le jeu d’attaque. Parfois, c’est difficile de le mettre en place, et contre le Real et sa défense de fer, c’est très difficile. Ca ne fait rien, Séville a insisté, encore et encore, et a été récompensé à la dernière minute du match. C’était un dimanche champagne, il fallait en profiter, c’est rare  !